De la méditation à la médisance

L’enseignement du Yoga ne doit pas apporter de confusion évitable. Il arrive que des élèves ou enseignants, identifiés à ce qu’ils font, critiquent ou hiérarchisent les différentes pratiques, et de ce fait, les différentes dimensions de l’Être. C’est une fois de plus la pensée duelle, celle qui par son fonctionnement conditionné a besoin d’affirmer le « moi », qui s’exprime.

Il est difficile de comprendre la direction des différentes pratiques de Yoga, d’autant que de nombreuses idées reçues et tenaces ont cours.

Je me souviens de cet adage shivaïte qui fût le premier enseignement de mon professeur de Nidrâ Yoga : « Avec la comparaison commence la violence ». Pourtant on oppose parfois « physicalité » et spiritualité. La méditation passe alors pour une noble voie d’intériorité, et la pratique posturale pour une gymnastique vaguement consciente.

Toute pratique est physique. Le corps est toujours là, nous sommes un corps.
L’assise silencieuse est une pratique souvent confondue avec la méditation. La méditation est un état que nous tentons d’atteindre par différentes techniques.

Vimala Thakar a publié un ouvrage intitulé « Le Yoga au-delà de la méditation », étude des sutras de Patanjali. Ce que l’auteur a certainement voulu nous dire par ce titre, c’est que l’état de Yoga, comme décrit dans les huit piliers (ashtanga), est au-delà de celui de méditation.

Nos facultés de perception sont modifiées par la pratique du Yoga sous tous ses aspects. Il s’agit toujours de tentatives, de recherche d’états intérieurs, de saisir la dimension cosmogonique et cosmologique qui est en toute chose.

Chaque tradition de Yoga a sa propre pédagogie, et il faut souvent pratiquer de nombreuses années pour la découvrir.

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