Des Pyrénées à Uranus : Bandha part II

Asanas, bandhas, drishtis, pranayama sont les points techniques composant l’Ashtanga Vinyasa Yoga actuel. Sri K. Pattabhi Jois a donné très peu de détails sur ces outils. L’enseignement moderne et détaillé des bandhas ne cadre pas avec leurs objectifs premiers.

Les bandhas écopent parfois de la traduction malheureuse de « verrous », qui en ferait des actions trop raides. Ils font en réalité partie des mudras, servant à sceller et non à fermer certaines zones du corps, comme un sceau de cire et non un loquet.

Les bandhas servent également à diriger les flux circulatoires dans le corps, la pression générée par leur engagement provoquant un mouvement interne, ascendant pour moola et uddiyana bandha, descendant pour jalandara bandha.
Concernant moola bandha, Pattabhi Jois n’a jamais parlé que de serrer l’anus. Nombre de professeurs disent plutôt d’absorber le périnée. Ce n’est absolument pas faux, certainement tout aussi valable, mais cette consigne ne vient pas de l’enseignement traditionnel. Dans la ville de Mysore, une librairie connue des touristes propose des livres sur le Yoga pour quelques roupies ; parmi ceux-ci, Moola bandha the master key, de Swami Buddhananda, que possèdent sans doute tous les professeurs d’Ashtanga Yoga, et d’où vient cette conviction « périnéenne ».

D’un point de vue physiologique, les effets d’absorption du périnée sont intéressants, et ont été repris par d’autres approches, notamment la méthode Pilates, ou le corps médical pour des rééducations après un accouchement.
Le fait que cette approche ne soit pas traditionnelle n’est pas du tout dérangeant ; je relève simplement que les enseignants se réclamant de la tradition intacte de Pattabhi Jois sont pourtant passés de l’anus au périnée.

Idée reçue parce qu’enseignée : les bandhas aideraient à contrôler l’équilibre. C’est une information aussi fausse que répandue. Le seul lien entre les bandhas et l’équilibre est leur localisation : la zone du centre de gravité. Mais lever le poids de son corps pour passer en équilibre sur les mains n’a rien à voir avec la pratique des bandhas, c’est sans rapport.

Finalement, quelle est la manière correcte de pratiquer mula bandha ? Anus ou périnée ? Cela n’a aucune importance. Le Yoga ne s’intéresse pas au corps physique, mais au corps imaginal. En plus des effets sus-cités, les bandhas amènent de la sensibilité dans la région de certains chakras, centres invisibles qui n’ont rien à voir avec l’anatomie.

Comprenez que dans ce qui est dit, aucune approche n’est rejetée. Evitons simplement le mélange des genres. Anatomie, physiologie, énergétique, proprioception, savoir de quoi il est question évite les fausses pistes.

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