L’enseigneur

Tu me demandes l’éveil ? Cette nuit, ne ferme pas tes volets. Demain matin, tu seras éveillé par l’aube. Si tu attends autre chose de moi, c’est que tu me supposes plus de pouvoirs que n’en a le soleil.

Ma réponse ne te satisfait pas ? Alors demande aux autres. Ils ne manquent pas. Ceux qui avides d’argent et d’attention répondront à toutes tes attentes, et en créeront de nouvelles. Les prostituées ne prétendent pas vendre l’amour. On fera cependant passer pour réels les bons sentiments que tu achètes. Qui t’a déjà tendu la main en disant : « Je te tends la main » ? On doit dire ce qu’on ne fait pas. Amour. Compassion. Altruisme. Non-violence. Paix. Ce sont les armes des ténèbres. On substitue des mots à la réalité, comme on détourne les dialogues d’un film pour en faire un sketch outrancier.

Tu crois en l’éveil de la conscience. En la montée de la kundalini. Je te plains. Pas par moquerie ni par condescendance. Je te plains par empathie. Car mon âme voit la tienne. Et que pour le moment, tu ne vois aucune des deux.

Il n’y a rien. L’éveil n’est rien, ou plutôt il est rien. Tu ne me crois pas ? Retourne alors à tes livres. A tes cours. A tes formations. A tes retraites. Il est pourtant inutile de se retirer du monde. C’est comme si un malade espérait guérir en quittant l’hôpital. Il n’y a qu’à retirer de ton esprit toutes ces croyances spirituelles. Mais en es tu capable ?