Du truisme à l’altruisme : les néo-manipulateurs

La spiritualité n’échappe pas au modèle de consommation de masse. Cette formule épouvantable me fait de la peine à écrire, mais la spiritualité est un business, comme les autres.

Un assemblage de vérités, de croyance duelle et de superstition a créé une nouvelle idéologie. Adhérer à certaines valeurs morales humanistes ferait de nous des personnes « meilleures », et serait un moyen de changer le monde autour de nous.

Certes la méditation modifie les ondes et la structure même du cerveau. Le phénomène des égrégores démontre que la pensée a un réel pouvoir, et qu’elle peut être une forme d’action subtile. Mais rien ne permet d’extrapoler une modification sensible de ce qui nous entoure. L’expérience et le bon sens disent le contraire. La plupart des grands sages du passé se sont fait assassiner, ou sont morts de maladies. Ceux qui professent une sécurité illusoire acquise par la méditation ou une attitude intérieure sont en recherche d’argent ou de considération.

Ces croyances donnent lieu à des propos insensés, très en vogue actuellement. Dès que l’on évoque une forme de criminalité, même si nous en avons été personnellement victime, nous nous voyons expliquer que nous l’avons attirée, ou que nous sommes des fabulistes. Lorsque nous sommes malades ou blessés, on s’entend dire qu’il faut regarder ce qui ne va pas à l’intérieur de soi. En gros, on l’a bien cherché. Les professeurs de telles inepties déchantent quand ce sont eux qui sont touchés, mais en attendant, ces convictions ont cours.

Dans notre quotidien, nos référents et inspirateurs ne sont pas les chefs d’états, ni ceux des armées, ni les grands patrons. Pourtant, ils font figure d’autorité, dans leur domaine respectifs. Ce sont des gens d’expérience, compétents, au moins en partie. Est-ce pour cela que nous devons leur faire confiance ? Dans le monde spirituel, lorsque ce sont des personnes éminentes qui parlent, plutôt que considérer ce qui est dit, nous avons tendance à croire avec plus de facilité. Il ne s’agit pas forcément de personnes mauvaises ou délibérément nuisibles, mais elles entretiennent parfois leur statut et leur train de vie par des enseignements fallacieux, qui n’ont aucun fond philosophique, ni rapport réel avec la tradition dont ils sont prétendument issus.

Le véritable enseignant n’a pas besoin de déguiser la réalité du monde pour attirer des adeptes. Il ne cherche ni à plaire, ni à se mettre en avant. Celui qui professe de grandes valeurs humanistes est en pleine contradiction. Quand elles sont vraiment présentes, est-il besoin d’en parler ?

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