La peur en conscience

La peur est le système de défense de l’amour.
Elle est l’amour.
Ecoutez vos peurs.
Soit elles sont fondées, et vous ont maintenu en vie jusqu’ici.
Soit elles sont infondées, appartenant à un imaginaire appris, et vous encombrent.
La peur est l’état d’attention. Il n’y a qu’une nature de peur. Comment y aurait-il une bonne et une mauvaise peur ?
La peur est nécessaire, c’est le réflexe de survie permanent qui nous anime.
Son expression varie selon les besoins de la situation, mais c’est bien elle qui est à l’œuvre. D’où tout le refoulé qui passe par la pulsion, alimentaire, sexuelle ou violente. C’est une peur non écoutée, non assouvie, qui se traduit par un besoin excessif.
Les grands manipulateurs de ce monde nous disent de ne pas avoir peur. Systèmes philosophiques, religieux ou politiques invitent à la confiance, indiquant eux-mêmes les références morales qui définiront un cadre. C’est à l’intérieur de ce cadre édicté que nous vivrons plus au moins en harmonie ou en résistance, au sein cette relation.
Nous demander de ne pas avoir peur, c’est vouloir diminuer notre lucidité.
Tout le monde a peur. Nul n’a le droit de pointer la vôtre, ni de vous en désigner d’autres. Avoir peur de tout, c’est cela le lâcher prise. L’angoisse vient du refoulement. L’angoisse est inutile. Injustifiée. C’est elle qui nous paralyse. La peur saura déclencher en nous la réponse la plus appropriée dont nous avons le potentiel, quelle que soit la situation.
La peur nous protège. Elle nous stimule. La reconnaître, l’écouter, c’est s’aligner avec elle, et non en être son esclave.
L’amour de soi est la peur pour soi-même. La peur pour nos proches est notre amour pour eux. Quand elle s’exprime au-delà de la réalité d’une situation, elle encombre. Quand elle s’exprime librement, elle protège.
Pour la ressentir en soi, repenser à une situation de peur. Séparer la sensation des événements, de l’énergie qui sous-tend le souvenir. Ressentir cette énergie, teintée d’angoisse. Percevoir que l’angoisse est une fabrication intérieure, totalement inutile dans la situation actuelle. C’est un autre espace dans le temps, ce n’est pas la réalité. Absorber la réalité, sereine. Etendre l’énergie dénuée d’angoisse dans la sensation de réalité. Revenir dans le maintenant, chasser l’angoisse qui est beaucoup plus faible que l’énergie originelle qui l’animait. Elle n’a plus d’énergie en ce monde actuel, coupez-vous de son existence passée. Soyez maintenant, c’est votre nature d’être.

2 réflexions au sujet de « La peur en conscience »

  1. Noemi

    « L’angoisse vient du refoulement. » Cette phrase m’a pas mal éclairé sur ma compréhension, ou plutôt différentiation, entre peur et angoisse (cette dernière, pas évident à définir, je trouve…). Une fois j’ai lu « l’angoisse est un type de peur »…. »ah bon? » j’ai pensé. Je cherchais une définition… car j’ai toujours beaucoup entendu cet apparent « sers à tout » terme.

    Du coup, selon ceci, il vaut mieux accepter, « gérer », sa peur…pas aller contre….Cohérent. Même si compliqué (il faut être prête à 1) identifier, 2) accepter, 3)..?…)…cela me semble très libérateur/ soulageant!…

    Dans des commentaires sur les sutras de Patanjali (pas sûr que c’est une « idée » original aux sutras), j’ai lu quelque chose comme cela (pas littéral): « les peurs et les désirs sont comme les chats: si on les nourrit, ils viennent plus; si on ne les nourrit pas, ils partent »…Doit-on donc sous entendre qu’on a un certain control, pouvoir, sur nos peurs….quand même?…..(toujours on reviendrais au fait d’être conscient …d’eux….)….

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  2. Arnaud Kancel

    Ce qu’il vaut mieux faire vous appartient, dès lors que vous sortez des projections ambiantes qui réfutent la peur. Le commentaire que vous citez va dans le sens de ce que je dénonce, il est parfaitement dans l’air du temps. On vous dit que le Yoga est l’ici et maintenant, et en même temps, on vous demande de changer. Et mine de rien on vous dit que vous nourrissez vos peurs. La personne qui a écrit ce commentaire n’a pas « résolu » ses peurs, elle répète ce qui se dit, que l’on « doit », mais personne n’y arrive. Ni contrôle, ni pouvoir, découverte, observation, vision du réel. Le fait de savoir que la peur est légitime, qu’elle est notre allié, que les autres ont peur comme nous, rassure.

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