L’enseigne ment.

Cette brève est l’une des dernières. L’objet de ce blog n’était pas d’écrire infiniment, mais de repositionner la technique du Yoga à sa juste place, celle d’une technique. Dans toutes les voies de recherche, il y a confusion entre les moyens et la finalité. Et c’est ce qui crée de l’opposition, qui devient violence des points de vue ou des actes.

Qui que soit votre enseignant spirituel, jugez de son attachement ou non à sa voie. Questionnez-le.

Quel mal y aurait-t-il à pisser sur une statue du Bouddha, à brûler une croix, ou dévoiler une femme ? Dans quelle mesure les moines ou autres swamis en robe orange peuvent ils donner des leçons aux porteuses de burqas ?

Si ces questions gênent ou déroutent, c’est signe d’un attachement injustifié à la forme d’une pratique. Poussez un peu la réflexion, et vous trouverez à cet endroit des flots de haine refoulée, la haine de l’autre que l’on déguise en différence morale.

Votre enseignant est-il spécialisé dans la mode ? Expert en nutrition ? Connait-il une éthique universelle qui n’oublie personne en ce monde ? Si ce n’est pas le cas, ne soyez pas victime de ses projections. Vous n’avez besoin de personne pour vous suggérer votre rapport à l’autre ou à vous-même. Alimentation, tenue vestimentaire, sexualité, art de vivre… Vous avez accès à l’information, et êtes capable de réflexion ; ne déléguez pas ces choix à autrui au nom de la spiritualité.

Imaginez que la Réalisation consiste à peindre tout son séjour en blanc lumineux. Celui qui a fini ce travail apprécie de vivre dans la lumière. Il a jeté son pinceau ou l’a mis de côté, et peut donner des conseils en peinture aux personnes qui le souhaitent.

Trop souvent, l’enseignant n’a repeint qu’une ou deux façades, puis s’est découragé ; il propose alors de vouer un culte au pinceau.

Ceci étant dit, les prochains articles seront des réponses à vos questions s’il y en a, ou des points techniques de l’Ashtanga Yoga expliqués. J’invite du fond du coeur celles et ceux qui n’apprécieraient pas ce qui se dit dans cet espace, à échanger, par e-mail ou par le biais de commentaires.

3 réflexions au sujet de « L’enseigne ment. »

  1. nico

    Tout est vrai, Son contraire aussi
    Cela a le merite de faire….
    une belle palette de couleur entre l’un et l’autre.
    Et le lien existe,
    Apres il faut s’entendre sur le referent
    Et de quoi l’on parle…..a qui…. pour quoi…..
    Ne pas usurper…..s’usurper…
    Garder la critique sans le juge ment!
    Merci….

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    1. blankovitch

      bon je sors mon pinceau… la pertinence des propos viennent du coeur et de la raison; paraitrait il que l’on voit uniquement avec les yeux du coeur que la vision se floute à partir du moment où l’image que nous créons s’interprète à travers notre pensée, jusque là pas de problème et c’est normal, difficile de faire autrement je dirai même plus impossible. c’est un leurre de penser que nous sommes séparé de ce que nous vivons puis que nous le créons à chaque instant, ce n’est pas de mentir que d’enseigner puisque l’enseignant n’est pas l’enseigne ment, ce serait mentir que d’avancer que l’enseignement EST. s’approcher, côtoyer, échanger, questionner auprès de spécialistes du pinceau pourquoi pas? si cela vous interpelle; et cela me fait penser au texte sur  » l’unique trait de pinceau », je cite: il n’y avait pas de règle, dans les temps anciens: l’Unité primordiale reposait en sa propre essence. Mais lorsque l’activité fragmentaire se mit en marche, alors apparut la Régle.la règle fondée sur l’Unique Trait de pinceau, source et origine de tout le manifesté, de toutes choses visibles et invisibles. »
      Sur quelle assise cette Régle de l » Unique Trait de pinceau est elle fondée?
      La règle première contenant ainsi toutes les règles possibles, réside dans la NON REGLE.
      l’esprit omniprésent rend la règle omniprésente, et toutes les représentations sont alors possibles
      l’unité est devenue multiplicité.
       » Voici ma voie: celle de l’un, source du multiple. »
      concernant l’envie d’uriner sur une statue, personnellement je préfère les coccinelles, et je n’ai aucune aversion ni attachements particuliers.
      Philippe

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  2. Somaji

    Jacques Lacan, le célèbre psychanalyste disait que le véritable enseignant est en réalité un « enseigneur », c’est à dire, un Seigneur que l’on peut suivre sans crainte. Autant dire, que les enseigneurs sont rares en ce monde des enseignes qui mentent où l’on vends des vessies pour des lanternes. Cependant, une vessie peut aussi nous éclairer sur notre propre aveuglement à croire n’importe quoi venu de n’importe qui. Je ne jette pas la pierre, moi qui suis toujours prompte à tomber dans le plus vulgaire panneau du moment qu’il murmure des mots de miel. Nous sommes tous à la recherche de quelqu’un nous indiquant la bonne direction, nous sommes tous à la recherche d’une main qui pourrait nous guider dans l’obscurité et nous conduire avec amour vers la lumière. Nous sommes des proies faciles car nous sommes en demande, et lorsque nous croyons enfin tenir la bonne main nous nous abandonnons sans restriction. C’est dans ces moments que le discernement, que la critique et que le jugement (quoi qu’on en dise) nous sont utiles. Si vous n’êtes pas en présence d’un enseigneur, attendez-vous à être trahi, c’est à la trahison que vous mesurerez la hauteur de votre maître. Le doute est notre seule lanterne à nous les ignorants, l’espoir est notre seul moteur: nous voudrions tellement que quelqu’un en sache plus que nous! Bien sûr, il faut interroger les enseignants mais il faut surtout écouter notre propre réponse. Nous devrions apprendre à nous faire confiance. Lacan pensait que c’est toujours grâce et contre un « autre » que nous nous construisons, quelque soit cet autre, si vous pouvez en tirer un enseignement, alors le véritable enseigneur c’est vous.

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