Les brahmanes tombent !

Sri K. Pattabhi Jois était un brahmane, orthodoxe comme la plupart des brahmanes, et qui n’enseignait le Yoga qu’à d’autres indiens brahmanes jusqu’aux années 70. Ses premiers élèves non brahmanes ont été des américains (et un belge, André Van Lysbeth) , qui payaient les cours de Yoga beaucoup plus cher que les élèves indiens. Il ne s’agit pas de porter un jugement sur Pattabhi Jois, mais de comprendre dans quelles conditions la transmission s’est effectuée.

Plus tard, quand les élèves étrangers vinrent très nombreux à Mysore, Pattabhi se fit assister  dans l’enseignement par sa fille Sarasvati et son petit-fils Sharat. Plutôt que de se faire aider d’assistants plus nombreux, ou plus expérimentés, Pattabhi ne s’est jamais entouré que de sa famille, ce qui est aussi un signe d’orthodoxie.

Une vieille habitude indienne est d’accepter de divulguer un enseignement à des « impurs », mais de ne pas leur en donner l’essence. C’est sans doute ce qui a conduit l’enseignement de Sri K. Pattabhi Jois, qui a été très généreux mais aussi très partiel dans ce qu’il a transmis.

Il se dit aussi que la plupart des élèves d’alors n’étaient pas forcément intéressés par la dimension intérieure, ou philosophique, de la pratique. Quelles que soient les raisons réelles qui ont conduit cet enseignement, il aura été en même temps très généreux et très restreint, Pattabhi Jois omettant certains aspects fondamentaux du Yoga, qu’il connaissait pourtant très bien.

5 réflexions au sujet de « Les brahmanes tombent ! »

  1. besson monique

    Bonjour et merci pour ce blog, merveilleuse idée !

    Je n’ai pas grand chose à dire pour le moment mais je tiens à participer, alors voilà :

    J’ai lu beaucoup de livres au sujet du YOGA, autant que j’ai eu de professeurs différents, de mes 20 ans à mes 60ans actuels. (à 30ans, j’ai été étonnée de rencontrer dans les séances une adepte très en forme de plus de 60ans, pour la première fois car ce n’était pas courant, j’ai dit waouh! et voilà, j’y suis à mon tour..). Bref..
    J’ai appris et apprécié tous les différents chemins, mais les seuls livres que j’ai gardés sont ceux de André Van Lysbeth même si je comprends bien qu’ils ne sont pas complets.
    Ils sont très détaillés, très motivants et m’ont encouragée quand j’ai eu des périodes sans professeurs.
    A présent je suis à la recherche d’une autre dimension, plus spirituelle, même si je suis toujours accro aux postures et à la méditation.
    à bientôt

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    1. Andree Mouynat

      Je suis un peu dans la même situation et j’ai 70 ans…..ce sont les ouvrages de André Van Lysbeth qui m’ont ouvert un chemin que je poursuis en essayant d’aller plus loin voire travailler sur les textes anciens. Merci d’avoir créer ce blog qui va me permettre d’échanger. ……

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  2. Arnaud K.

    Bonjour,
    merci pour votre participation à ce blog.
    Les livres sont un bon moyen d’aborder l’étude de la philosophie du Yoga, à défaut de pouvoir étudier les textes anciens avec un enseignant.
    D’une certaine manière, la dimension spirituelle que vous mentionnez n’existe pas. Elle se trouve en tout, ou n’est nulle part. La pratique des postures et de la méditation touche toutes les composantes de l’Être, explorant en profondeur ce que nous sommes. Il s’agit de suivre ce que l’on ressent, ce qui nous appelle, nous amène à pratiquer, et l’enseignant doit nous guider sur cette voie. C’est en général une étude globale, postures, respiration, méditation et lectures, qui donne du sens à la pratique du Yoga.
    Bien sûr les effets purement physiques sont merveilleux, le Yoga donne beaucoup d’énergie, que nous pouvons dédier tant au corps qu’à l’intériorité.

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  3. Lila

    La dimension « spiruelle » est inherente a notre nature, elle se trouve en tout en effet. Tout peut être un canal vers cette « dimension » . Pour certains ce peut être le yoga  » postural » qui va servir de  » canal » et faciliter l’appréhension de l’ essence. Pour d’ autres , ce sera de faire des tartes aux fraises ☺.
    Respectueusement 😊

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  4. Arnaud Kancel

    La plupart des voies associent une étude philosophique afin de désenclaver la pensée, et des pratiques qui amènent une réelle sensibilité, de manière à ce que la perception devienne un mouvement unique, incluant la pensée et tout ce qui nous compose. La présence de l’enseignant est essentielle, l’enseignement étant un acte d’imprégnation.
    Si un être réalisé a développé le culte de la tarte aux fraises, et ensemence la tradition de la tarte aux fraises de son énergie, cela peut fonctionner. En revanche si l’on est seul à se dédier à la tarte aux fraises, il y a peu de chance qu’on parvienne à en extraire l’essence. A moins que le goût de la tarte aux fraises ne parvienne à nous connecter à l’ici et maintenant, ce qui n’est pas exclu.
    L’obstacle majeur à cette voie de réalisation est le caractère saisonnier du fruit. Cette pratique ne serait possible que dans une région du monde où les fraises poussent toute l’année !

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