Les trois stades du sadhaka selon les gunas

Tamasique, ou ténébreux. C’est le stade de la croyance, de la crédulité, de la stagnation.
Le stade tamasique est une forme d’inertie spirituelle. Elle peut se traduire par un athéisme total et non réfléchi, comme par l’adhésion à une démarche intérieure mal orientée. Le fait de trouver dans la spiritualité ce qui n’y figure pas est un comportement tamasique. Transfert, substitution, attachement aux signes extérieurs de la foi, sont des qualités tamasiques.
Dans l’athéisme, vous connaissez certainement des personnes avec qui tout dialogue spirituel est impossible. Leur manière d’entendre empêche toute compréhension. Tout aussi étanches sont les personnes se croyant en démarche, quand elles sont en fait en plein transfert. Elles pourront pratiquer le Yoga, méditer, bien connaître la voie dans laquelle elles évoluent, sans connaître aucune transformation intérieure.
Nombre d’enseignants maintiennent leur élèves dans le tamasique, entretenant un système de dépendance réciproque et aliénant.

Rajasique, ou en activité. Stade du questionnement, du mouvement intérieur.
Le stade rajasique est celui de la rencontre avec soi. C’est une forme d’avancée dans la solitude. D’abord, nous nous sentons incompris. Ce qui s’exprime en nous devient plus fort que la quiétude somnambule avec laquelle nous procédions jusqu’ici. C’est alors le sentiment de « juste » qui nous fait tenir durant des moments qui ne sont pas toujours faciles, le sentiment d’une vérité potentielle que peu de gens comprennent, mais qui nous rassérène. Tout notre rapport à la vie, sociale et spirituelle, est fondamentalement reconsidéré. Pour que le quotidien soit vivable, nous nous tenons dans un compromis relationnel permanent, mais n’en pensons pas moins. Dans l’état rajasique, nous voyons les personnes tamasiques comme des prisonniers qui s’accrochent à leurs chaînes. Parfois, revenir à une vie tamasique pourrait nous sembler plus reposant, mais nous savons intimement que ce n’est plus possible.

Sattvique, ou lumineux. Stade de la lucidité. C’est la vision pure de l’harmonie présente partout et en tout. Nous sommes capables de tout comprendre, comprendre ne signifiant pas approuver, ni aimer, ni cautionner. Nous ne croyons plus rien de ce que l’on nous a dit, mais seulement ce dont nous avons fait l’in-périence (expérience intérieure).

Comme les trois doshas de l’ayurvéda, les trois gunas sont indissociables, ces stades décrivant la dominance et non l’exclusivité.

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