Mensonge de l’eau

Aujourd’hui, dans une revue prétendument scientifique, un article parlait de l’influence possible de la pensée sur la matière, et citait le travail de Masaru Emoto, auteur du livre «Message de l’eau». Cet article mentionnait une expérience faite avec deux bocaux contenant du riz cuit observés durant un mois. D’après l’article, dans l’un des bocaux figurait le mot «merci» écrit sur une étiquette, et les gens passant à proximité du bocal devaient lui dire des mots gentils et positifs. Dans l’autre bocal était écrit le terme «insensé». L’article prétend qu’au bout d’un mois, le premier bocal n’était pas du tout moisi tandis que l’autre l’était totalement, et conclut que la pensée positive est plus forte que la pensée négative.

Cette interprétation est mensongère, et utilise l’expérience à des fins de pure manipulation.

Il y a une quinzaine d’années, dans un centre de soins énergétiques japonais que je fréquentais, nous avons (vraiment) réalisé cette expérience. Il faut en vérité utiliser trois bocaux de riz cuit. Sous le premier, écrire le mot «amour», rien sous le deuxième, et «haine» sous le troisième ». Durant un mois, en passant à proximité, dire des mots d’amour au premier bocal, ne jamais s’adresser au deuxième, et insulter, haïr le troisième. Résultat : la moisissure ralentit de manière équivalente dans le bocal aimé et dans celui détesté. Le deuxième bocal, en revanche, est complètement moisi. Cela démontre que l’amour et la haine sont tous deux des énergies très fortes, et que le «pire» est de subir l’indifférence.

Sans besoin de mesurer ces effets sur du riz cuit, il n’y a qu’à observer le monde pour se rendre compte que la haine est aussi forte que l’amour. Celles et ceux qui nous inculquent ces bêtises de pensée positive qui change le monde ne veulent pas notre bien, mais nous aveugler. Les soi-disant preuves scientifiques du pouvoir de la pensée positive reposent sur une technique très simple. Par exemple, si vous sentez l’odeur d’un repas, vous en ingurgitez des molécules. On peut constater scientifiquement qu’effectivement, ces molécules sont ingérées. Mais prétendre que cela suffit à vous nourrir serait une extrapolation mensongère. C’est le même procédé qui est utilisé pour la pensée positive. On constate ce qui se passe dans le cerveau quand on pense positivement ou négativement. Evidemment si vous riez ou pleurez, votre état intérieur est différent. Evidemment. Mais le constat scientifique de ce qui est repérable dans votre cerveau quand vous pensez positivement, est ensuite transformé en arme secrète, qui pourrait changer votre vie, et modifier ce qui vous entoure. D’où sort cette extrapolation ? Quelle foutaise ! Nous savons que c’est impossible, mais choisissons d’y croire pour nous soustraire à la réalité.

Qui sait exactement d’où viennent ces procédés de manipulation ? A qui profitent-ils ? Indéniablement aux classes dirigeantes, à la finance mondiale, et aux guides spirituels. Ces supercheries nous empêchent de voir là où nous sommes, de penser par nous-mêmes, et éventuellement de nous rebeller.

6 réflexions au sujet de « Mensonge de l’eau »

  1. Julen

    Amour et haine sont la même Énergie. L’énergie ne fais pas de différentiation, elle circule ou pas. Si elle circule tout se transforme si elle trouve des barrières elle pourrait nous détruire ( être destructive). Le positivisme ou « negativisme » n’apportent rien à la nature du phénomène. Ils ne peuvent que nourrir le dogme.

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  2. Noemi

    Cette comparaison, « amour-haine », avec l’exemple de l’expérience des 3 pots, me fait penser à une image: une photo (pas digital): on a ainsi le négatif…et le positif , de la photo. La haine, et l’amour. Pour, vers… un objet, ou quelqu’un. Mais….si pas d’objet, ou pas quelqu’un… pas de photo. Donc as d’existence. La moisissure?

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    1. Arnaud Kancel

      L’amour et la haine sont deux expressions de l’énergie d’une même passion. C’est pourquoi on peut parfois haïr quelqu’un qu’on a beaucoup aimé, la personne est toujours la même, et c’est toujours la passion qui est à l’oeuvre. On entend dire que l’amour est plus fort que tout et voyons un monde sans cesse détruit par la haine. L’amour et la haine sont la vie. L’indifférence est effectivement la moisissure, pour nous la non-existence.

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  3. an

    « Qui sait exactement d’où viennent ces procédés de manipulation ? A qui profitent-ils ? »
    >> oui bien dit Arnaud !! 😉
    Cela dit vaut mieux la pensée positive, c’est tout de même plus agréable à donner et à recevoir 🙂
    La pensée – est peut-être aussi légitime mais ça contribue à créer un climat anxiogène. Perso quand je suis pressée ou stressée, je casse quelque-chose, ou je me coupe..etc…
    mais quand je suis en yoga je suis bien! …. 😉
    Merci 🙂

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  4. thomas

    Bonjour, j’aimerais partager ma réflexion, après la lecture de ce post :

    Il y aurait d’un côté une énergie projeté par nos êtres, positive ou négative, capable d’influencer la matière : ici l’état de bonne conservation du riz dans un état jugé sain par notre société… et de l’autre une énergie libre, neutre et universelle, circulant en dehors de nos corps, capable de faire évoluer la matière en l’absence d’influence de l’homme : il y a apparition de moisissures, qui bientôt permettra de dégrader et transformer le riz sous une autre forme. Dans cette expérience, la moisissure représente toutes les peurs des hommes vis-à-vis de la souffrance, et en même temps leur ego démesuré à croire qu’ils ont un pouvoir sur tout.
    L’homme a une place importante dans le système énergétique global, constitué par son être, celui des autres, les animaux et tout l’environnement… Mais lorsque il y a indifférence, alors la nature trouve le chemin pour se rééquilibrer en se connectant directement à la source… d’ailleurs l’homme est né du vide et de l’indifférence si l’on considère qu’au début il n’y avait que du vide et de l’énergie… Combien de moisissures avant d’arriver à cela ?
    Si des hommes ont du mal à se rééquilibrer naturellement, c’est peut être à cause de leur propre système de pensée, conditionné par la Société : ils ont peur de ne pas répondre à ce que l’on attend d’eux. En cas de solitude et d’indifférence, la moisissure (ou souffrance) peut être un passage obligé avant de trouver la voie vers une nouvelle source d’énergie qui permettra de retrouver l’équilibre… on peut par exemple s’engager dans la voie du yoga.

    La véritable manipulation ce n’est pas les résultats de ces expériences mais bien l’expérience en elle-même. Car elle impose ses propres limites à la vision du monde : l’homme a le pouvoir d’influencer le monde positivement qu’il soit dans l’énergie positive, comme négative (justification de guerres ?) – la moisissure est quelque chose de négatif : c’est la maladie issue de la souffrance, etc.

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    1. Ashtanga Yoga

      L’homme n’a pas « une place importante dans le système énergétique global ». Il n’a aucune place particulière. Il a une « place », un rôle, quand il agit, comme tout.
      Une expérience n’impose pas ses limites tant qu’on la maintient dans son rôle d’expérience. Elle fera partie des vérités relatives qui alimentent notre savoir relatif. Le monde ne connaît ni positif, ni négatif. Les guerres sont « positives » pour beaucoup de monde, et il est essentiel de s’ouvrir à l’opinion des autres, plutôt que s’y heurter.
      L’énergie influence la matière de façon minime. Aucun sentiment ne sera jamais plus fort qu’une bonne gifle. Il faut surtout dénoncer la croyance paralysante qui fait croire qu’un monde d’énergies prend soin de nous.
      Les enseignants de yoga doivent avoir un discours réaliste. Leur rôle n’est pas de répandre de nouvelles illusions.
      Je vois l’origine de tous les sujets que vous traitez, et si je peux me permettre, cette base de réflexion ne vient pas de vous. Vous n’avez jamais vu dans notre monde le point de départ de vos propos. Vous n’avez jamais vu l’homme important dans le système énergétique, ni le positif, ni le négatif, ni personne ayant suivi la voie du yoga qui présente un quelconque équilibre. Vous n’avez jamais vu cela, mais vous l’avez entendu. Là est la difficulté. Là doit agir le détachement, et nulle part ailleurs.

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