Sers-je yama ?

Les yamas et niyamas, premier et deuxième piliers de l’Ashtanga Yoga selon les Yoga sutras de Patanjali, ne sont pas un code éthique. Certaines traductions ou certains commentaires le prétendent, mais cela a surtout à voir avec la culture des traducteurs et des commentateurs, et non avec la nature du Yoga.

Le Yoga ne parle jamais d’événements, ni d’expériences. Le Yoga ne s’intéresse qu’aux états. C’est de cela qu’il s’agit, ahimsa n’est pas une recherche de non-violence selon notre conception du moment sur la non-violence. Il s’agit de l’état pacifié inhérent à notre nature d’Être. Satya n’a rien à voir avec notre capacité à mentir ou dire la « vérité » ; il s’agit de l’État véridique inhérent à nos cellules.

Celles et ceux qui prétendent appliquer les yamas et niyamas à leur quotidien sont en pleine contradiction. Une morale dépend toujours d’une référence, quelle serait alors la référence applicable au Yoga ?

3 réflexions au sujet de « Sers-je yama ? »

  1. Julen B.

    Je suis complétement d’accord avec cette entrée mais il y a une question qui s’imposse après sa lecture. S’il n’y a pas une aplication possible au quotidien qui nous ecarte de la contradiction, ça veut dire qu’il y a null pratique qui nous permets de nous aprocher a ces états (yama/niyama)? Selon ma compréhension des piliers de yoga, on peut pratiquer le yoga en ciblant un de ces piliers, par example, asana ou dhyana, et on pourrais être touchés ou impregnés des autres car dans chaque état on trouve tous. Mais donc dans le cas des yama/niyama, il n`y a pas donc d’aplication pratique qui ne méne pas à la contradiction?

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  2. Arnaud K.

    La pratique du Yoga ne se questionne pas en terme de justesse, posture physique, manière de respirer, conduite dans le monde, tout n’est que tentative. Tout est relatif, dépendant de la relation. Le regard que l’on porte sur le monde dépend toujours d’un référent, c’est pourquoi le Yoga n’est pas un art de vivre, qui nous séparerait de celles et ceux qui vivent autrement. Ce qui nous transforme, c’est la dimension intentionnelle des actes que nous posons, la conscience avec laquelle nous agissons. La tentative d’appliquer ce que nous comprenons des yamas et niyamas à notre quotidien va développer en nous un état attentif, c’est une démarche, une pratique. Penser que notre mode d’action est fondamentalement juste ou meilleur, est une croyance, un transfert. Pratiquer un art de vivre est un Yoga, enseigner un art de vivre est un dogme.

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  3. Kunti

    Bonjour Arnaud

    je tombe sur ton petit article sur Yama Nyama, qui me parle beaucoup ! On fait parfois une interprétation tellement primaire de ces textes, que c’est risible et déconcertant. Et en même temps, je suis souvent saisie par la justesse d’observation qui apparait par exemple dans les YS, de la grande connaissance humaine qu’ils révèlent, tout en montant très vite à l’ étage supérieur, qui est le véritable intérêt de cette pensée, me semble-y-il. Bien à toi. Kunti

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